ÉDITION DE LIVRES
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PALE KREYÒL |
183 pages
ISBN: 2-920-910-19-1
Prix : 29,95 $ CDN + 4 $ CDN de port minimum. Réduction pour librairie.
Prix spéciaux pour achat de groupe.
Pale Kreyòl n'est ni une grammaire, au sens habituel du mot, ni une « méthode » du type Assimil ou Le X en Y leçons. Il s'inspire un peu des deux, mais constitue avant tout un cours général, un panorama analytique généreusement illustré d'exemples. Il propose des exercices, suggère des « mises en situation », attire l'attention sur des particularités qui se dérobent à tout essai de « traduction ».
Le « cours » forme la première partie de ce manuel (Livre I) et comprend, outre les leçons proprement dites et la liste des Formules d'usage courant, une introduction à la langue créole. Dans la seconde partie (Livre II), l'auteur a consacré tout un chapitre aux homonymes qui sont légion en créole et un autre aux idiotismes (ou tours idiomatiques). La plupart de ces derniers exigeaient des commentaires et des explications; l'auteur ne s'y est pas dérobé. Cette deuxième partie comporte également une (courte) liste commentée de proverbes, qui sont aussi légion, et un lexique créole-français réparti au gré des chapitres qui vient en quelque sorte compléter le vocabulaire étudié au cours des leçons.
Ce manuel emploie l'orthographe haïtienne officielle, dont quelques particularités justifient certaines notes figurant en bas de page et qui ne s'adressent pas en premier lieu aux étudiants. Les professeurs restent donc seuls juges quant à l'usage qu'ils devront en faire pendant le cours.
Le rythme d'étude est laissé à la discrétion des professeurs, qui sauront chaque fois tenir compte de la disponibilité, des besoins ou de la « motivation » des étudiants. On recommande par contre l'utilisation parallèle du Livre I et du Livre II.
En outre, l'auteur ne saurait trop insister sur la nécessité, pour les professeurs qui utiliseront Pale Kreyòl dans leurs cours, de compléter la matière présentée à l'aide de journaux et de livres de lecture en créole que l'on peut souvent se procurer un peu partout (librairies et kiosques spécialisés). Les « littéraires » pourront même se régaler de fables de La Fontaine traduites en créole par Raymond A. Moïse... Les professeurs adapteront les mises en situation proposées et, le cas échéant, sauront « spécialiser » le vocabulaire en fonction de besoins particuliers ou des différentes catégories dÕétudiants (agronomes, infirmiers ou infirmières, documentalistes, etc).
À ceux qu'intéresse une étude systématique et approfondie voire scientifique du créole haïtien, nous recommandons les travaux publiés ces dernières années par l'Institut de linguistique appliquée de Port-au-Prince.
Remerciements
Préface
Livre I
Avant-propos
Au commencement
À qui s'adresse Pale Kreyòl
Ce qu'est Pale KreyòlConventions, symboles et abréviations
Introduction
La notion de créole
Caractéristiques communes aux créoles
Le créole haïtien
Écrire le créole
Premye leson
Phonétique du créole
Voyelles orales
Voyelles nasales
Semi-voyelles (ou semi-consonnes)
ConsonnesExercices phonétiques
Premier exercice de conversation
Lecture et mémorisationDezyèm leson
Les substantifs
Les pronoms personnels
Forme progressive et futur proche
Exercice
LÕinterrogation
Lecture et mémorisation
Twazyèm leson
L'article défini
L'article indéfini
L'article partitif
Exercice
Lecture et mémorisation
RecommandationKatriyèm leson
La possession
Les verbes généralités
Le verbe être
Le verbe avoir
Le passé
Conversation
VokabilèSenkyèm leson
Le futur
Le conditionnel
L'impératif
Les adjectifs
Exercice
VokabilèSizyèm leson
La négation
Exercice
Les adverbes wi et non
Forme pronominale
Recommandations
Exercice (traduction)
VokabilèSetyèm leson
Les verbes de forme variable
Révision
Lecture et dictée
Adjectifs numéraux (cardinaux et ordinaux)
Vokabilè
Uityèm leson
Le mot-outil ke
Adjectifs et pronoms démonstratifs
Les comparatifs
Les couleurs
Vokabilè - les homonymes
Examen
Nevyèm leson
L'insistance
La formation des mots créoles
Dérivation
Mise en situation
Formules d'usage courant
Livre II
Mo ki sanble (homonymes)
Kèk pwovèb
Idiotismes et locutions usuelles
Index
Bibliographie sommaire
ALIX RENAUD se donne, dans l'avant-propos de Pale Kreyòl, un objectif plus que modeste : «Ce livre, dit-il, s'adresse en premier lieu à ceux qui participent ou participeront à l'un ou l'autre des stages interculturels organisés en Haïti par GARNEAU-INTERNATIONAL (...)». Or je crois, si j'en juge par mes propres réactions après lecture de ce manuel, que l'objectif pourrait être le plus orgueilleux qui soit : de s'adresser à des Haïtiens parlant déjà le créole. Non pas, bien sûr, pour leur apprendre à parler leur langue maternelle, mais pour les encourager à réfléchir sur elle.
S'il est une grande qualité que je relève dans ce manuel qui se présente avant tout comme une simple méthode d'apprentissage de la langue créole d'Haïti, c'est que tout y est subordonné à une visée pédagogique : amener l'étudiant à parler le créole haïtien de la manière la plus simple, la plus directe et la plus efficace. Pourtant les notions qui accompagnent les exercices et qui constituent la partie théorique sont le résultat d'une mise au point prudente et extrêmement soucieuse de rester ouverte sur les recherches théoriques les plus récentes sur le créole en général et sur celui d'Haïti en particulier.
Ce manuel comporte des aperçus éclairants sur le fonctionnement de la langue haïtienne dans les réflexions consacrées notamment à l'importance des homonymes. En attirant l'attention sur le rôle, l'importance et la place des homonymes et des homophones, le côté mélodique, si l'on préfère, du créole, c'est à une étude sur la musique et à son importance dans la culture haïtienne que nous invite Alix Renaud. Et sans doute pour une réflexion plus approndie sur la prosodie, l'harmonie ou la versification de la poésie créole, il faudra poursuivre l'examen de cet aspect de la langue dans ses structures propres, mais aussi dans ses relations avec d'autres aspects de la culture globale des Haïtiens. Une musique de la langue n'est pas dissociable de la musique et de la danse telles qu'elles sont pratiquées dans la société en d'autres occasion.
On reconnait là quelques-unes des préoccupations qui doivent être celles du poète qu'est Alix Renaud, en qui se retrouvent également un terminologue et un pédagogue.
Qui a dit Mallarmé, je crois qu'on ne faisait de poèmes qu'avec des mots? On ne parle pas une langue avec des règles de grammaire, mais grâce à l'abondance du vocabulaire dont on dispose. Pale Kreyòl fait donc la part belle au lexique; il comprend un lexique kreyòl-franse étendu, puisqu'il s'accompagne d'un recueil d'idiotismes ou de locutions usuelles et même d'une liste de proverbes, ces discours en raccourci dont on sait que le discours créole est émaillé au point d'en faire l'ossature de son argumentation et le modèle de sa rhétorique.
Mais c'est en dernière analyse aux qualités pédagogiques de cette méthode que je réserverai mes éloges les plus vifs. Sous une forme concise et précise, et en s'appuyant sur des exercices à la fois de manière systématique et souple, puisqu'une grande liberté d'action ou d'invention est laissée au professeur, même si tous les outils de son enseignement lui sont fournis, Pale Kreyòl mène l'étudiant à un apprentissage progressif de la langue haïtienne. On sent dans l'articulation des chapitres consacrés aux diverses parties du discours, dans la description des éléments de la langue haïtienne, un souci de clarté d'abord, de précision ensuite, qui s'accompagne de la volonté de fixer l'attention de l'étudiant sur l'essentiel des notions à apprendre. Quand on sait que sur pas mal de points l'étude des langues secondes créoles demeure encore un «work in progress», on peut mesurer le doigté et l'habileté de l'auteur du manuel.
Celui-ci se compare avantageusement à d'autres manuels rédigés pour l'étude du martiniquais et du guadeloupéen, lesquels disposent pourtant déjà de l'avantage d'être dotés du support de cassettes audio. Quant aux manuels d'étude de l'haïtien qui précèdent Pale Kreyòl, on peut sans hésiter dire que le mérite de l'ouvrage d'Alix Renaud est de désembroussailler, clarifier et alléger l'enseignement d'une langue où l'on avançait jusqu'ici à tâtons et avec hésitation.
Pale Kreyòl a cet avantage, il est vrai, d'avoir été mis à l'épreuve dans les salles de cours, de subir le test en somme de la vérification de sa didactique. Maintenant que de recueil à l'usage principal du maître cet ouvrage franchit l'étape de l'impression et devient un guide auquel tout un chacun pourra se référer sans autre aide que celle de son intérêt pour la langue d'Haïti, je lui souhaite un succès d'édition dans la droite ligne des succès qu'il a connus en salle de cours.
Mes voeux surtout l'accompagnent pour que, par des développements logiques, tels que ceux de disposer de supports audio, et puis, qui sait? visuels, il puisse servir pleinement à ce à quoi on le sent destiné : faire parler la langue haïtienne au plus grand nombre possible de locuteurs, mais aussi les faire réfléchir sur elle pour son plus grand épanouissement.
Maxilien Laroche, Professeur de littérature, Université Laval
Senkyèm leson
Le futur
La forme progressive ap (ape), déjà étudiée, s'emploie aussi pour exprimer :
a) un futur relativement proche ou tout à fait certain :
m'ap pati aswè-a... demen maten m 'ap pase wè
yon zanmi mwen... m'ap chanje machin ane
prochèn!
b) ou encore un futur réellement indéterminé (même si l'action ou l'état envisagés sont ou semblent certains à la personne qui parle) :
m'di 'w m'ap pase wè 'w...
yon jou konsa m'ap kite fredi sa-a!
si 'w manje bagay sa-a, w'ap malad wi...
Le futur s'exprime également au moyen des formes a, va, ava, et pral :
yon jou w'ava sonje' m! demen, si m' gen tan, m' a di nou
kisa pou nou achte... m' va ale...
La forme pral (pwal) emporte souvent une idée de proximité dans le temps, de décision ou de certitude. Son emploi s'apparente alors à celui de ap (ape). Il n'est d'ailleurs par rare que ces deux formes concurrentes s'allient pour donner apral (ap' ral):
m' pral lekòl... m' pwal nan mache... m' apral
aprann pale pangnòl (panyòl)... m' apral an Ayiti
pou 'm visite Sitadèl Laferyè...
Le conditionnel
En créole, un simple mot de deux lettres permet d'exprimer le conditionnel : ta.
Si 'w te di 'm sa avan, m' ta vini pi vit!
L'impératif
L'impératif ne pose aucun problème particulier. Trois possibilités seront envisagées :
a) utilisation de la forme habituelle d'un verbe d'action sans pronom personnel sujet:
Vini ! dande 'm ! kanpe ! chita !
Di granmoun bonjou !
Sispann mache pye atè !b) utilisation d'un adjectif seul (épithète ou attribut) :
Malad !
Pare, m' ap vini !
Si pou 'w sòt pou gen djòb-la, alò : sòt !c) emploi de l'expression ann (ou annou) en manière d'exhortation (correspond à la 2e personne de l'impératif français) :
ann ale ! (allons-y !) ; annou fè oun koze ! (causons un peu ! faisons un brin de causette !)
annou danse ! (dansons !)
Il convient de signaler que, dans la phrase pare, m' ap vini, le mot pare correspond au français «soit prêt» et non à «prépare-toi», qui se dirait : pare 'w.
Remarque : on peut aussi exprimer l'ordre ou le souhait par le recours à une locution ou à une périphrase, comme en font foi les exemples suivants :
fò 'w konprann... fò ke sa chanje !...
m' vle 'w rele 'm !
Les adjectifs
Comme il n'existe pas de réelle distinction de genres en créole (yon fi, yon gason, yon chwal, yon tab, yon fey), les adjectifs ne varient pas toujours en genre ; nous signalons ci-dessous quelques cas d'exception. En second lieu, tout comme les substantifs, ils ne varient pas non plus en nombre : le contexte ou le pronom personnel utilisé (mwen, ou, li, nou, yo) marquent ou le singulier ou le pluriel.
Ainsi, l'on dira : yon bèl fanm, yon bèl gason ; yo gwo, nou kontan, li trankil ; nonm chèlbè sa-yo, bèl legliz sa-a, twa bèl marabou, etc.
Notons cependant ceci :
a) l'adjectif créole peut avoir emprunté au français ou la forme masculine (bon, méchan) ou la forme féminine (bèl, kout) :
nomn-nan mechan ; fi-a mechan ; ti gason-an kout ; tifi-a kout ;
b) certains adjectifs comportent une forme masculine et une forme féminine :
vòlè, vòlèz ; rizè, rizèz.
Quant aux adjectifs substantivés servant à désigner la nationalité, ils connaissent en principe les deux genres :
Ayisyen, Ayisyèn ; Kebekwa, Kebekwaz ; Kanadyen, Kanadyèn ; Ameriken, Amerikèn ; Franse (Fransè) Fransèz ; Angle (Anglè), Anglèz, etc.
Pour désigner les natifs d'une région particulière d'Haïti, le créole n'utilise presque jamais le gentilé français (p. ex., Capois, Capoise). Il recourt de préférence à une courte périphrase formés du mot moun et du nom de la région dont il s'agit :
moun Okap, moun Jakmèl, moun Gonayiv, moun Senmak.
EXERCICE
Sur le modèle des exemples ci-dessus, les élèves devraient former quelques phrases affirmatives ou négatives utilisant le présent, le passé, le conditionnel et l'impératif des verbes déjà étudiés.
Vokabilè
abajou : abat-jour kay : maison peyi : pays pitit : enfant granmoun : adulte jounal : journal tèt : tête bwa : bois fwon : front cheve : cheveu(x) zòrèy : oreille(s) je : oeil, yeux sousi : sourcil(s) tanp : tempe nen : nez zèlnen : aile du nez twounen : narine(s) pobouch : lèvre(s) palèt : palais manton : menton machè : ma chère monchè : mon cher kou : cou zepòl : épaule(s) bra : bras koud : coude(s) jepye (boulètpye) : cheville talon : talon(s) dwèt : doigt(s) zonng : ongle(s) grodwèt (pous) : pouce(s) jansiv : gencive(s) jenou (jinou) : genou(x) pye : pied(s) zòtèy : orteil(s) tizòtèy : petit(s) orteil(s) grozòtèy : gros orteil(s) janm : jambe(s) touttan : toujours ; tout le temps dan : dent(s) rèldo : colonne vertébrale janmen (jamè ; janm) : jamais lanng : langue fò (fò ke) : il faut que genyen (gengnen ; gen) : il y a kuis (kwis) : cuisse(s) machwa (machwè) : mâchoire(s) souvan : souvent tankou (kankou ; kon ; kou) : comme twal : tissu ; toile kòflèstomak (kòflestonmak) : thorax tidwèt : petit(s) doigt(s) pa genyen (pa gengnen ; pa gen ; na pwen) : il n'y a pas (de)